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Sans papiers ou avec papiers, Nous voulons le relogement de tous les expulsés du foyer David d’Angers !

Mercredi 4 novembre 2009

Les 116 résidents du foyer David d’Angers exclus du relogement par l’AFTAM et la Mairie ont été expulsés mardi 27 octobre après une opération de police importante et terrible, dont le quartier a été témoin. Dans ce foyer habitaient une centaine d’ouvriers, souvent là depuis des années, avec ou sans papiers. Nous jugeons injuste et inadmissible qu’aujourd’hui, une semaine après l’expulsion, une quarantaine de résidents soient à la rue, dont beaucoup sont sans papiers. Cette expulsion a eu lieu trois jours avant la trêve hivernale, et va tout à fait contre la décision du Juge de l’exécution des peines d’accorder des délais à trois résidents. La mairie et l’AFTAM ont donc eu recours à la violence pour imposer leur politique de « résidences sociales », logements individuels aux loyers prohibitifs, sélectifs, interdits aux sans papiers, et ne permettant pas d’héberger la famille.

L’Association des oubliés et des rejetés du foyer David d’Angers s’est constituée pour que chacun soit compté dans le relogement. Les Volontaires de l’assemblée Foyers-Afrique sont venus travailler avec l’Association au mot d’ordre de « relogement pour tous ». Grâce au travail fait, l’expulsion du foyer a été retardée de trois mois. Ce délai nous a permis de nous organiser. Ensemble, nous avons fait un recensement précis de chacun des 116 résidents exclus du relogement, nous avons établi les dossiers pour les présenter devant le tribunal et pour obliger l’AFTAM et la mairie à tenir compte de la situation réelle des habitants du foyer. Deux grandes manifestations ont eu lieu dans le quartier, une Journée portes ouvertes au foyer, une pétition recueillant plus de 1200 signatures, des procédures juridiques devant le Tribunal d’instance, devant le Juge d’exécution du Tribunal de grande instance, et devant le Premier président de la Cour d’appel de Paris. Nous avons obtenu des articles dans la presse. Ce qui a rendu cela possible, c’est un immense travail de réunions politiques, de discussions, de dossiers, de textes écrits en commun, réalisés par les résidents du foyer, l’Association, les Volontaires. Nos maîtres mots dans cette bataille politique ont été, et demeurent, « les résidents sont des ouvriers, ils doivent être respectés », « relogement pour tous, avec papiers ou sans papiers », « amitié du quartier avec le foyer  ».

Aujourd’hui, la situation est plus que jamais difficile. Mais il faut d’abord dire ce que nous avons déjà obtenu par la bataille politique. Dès le départ, l’association des oubliés et rejetés du foyer a contesté les conditions dans lesquelles le recensement des habitants du foyer mené par l’Aftam en 2007 avait été fait ; recensement qui avait été validé par le comité de pilotage – instance décisionnelle composée entre autres de l’Aftam, de la mairie de Paris et du Copaf – et qui avait abouti au relogement d’un habitant du foyer sur trois et légitimé la mise à la rue d’une centaine d’ouvriers habitant le foyer . Grâce au travail de l’association et des volontaires, l’Aftam et la mairie de Paris ont dû rouvrir la question des relogements et reconnaître que le recensement avait été bâclé.

Des résultats importants ont donc été obtenus, mais la question reste entière pour faire reconnaître le droit des sans papiers à être relogés. Notre volonté de gagner le relogement de tous les habitants du foyer David d’Angers est toujours à l’ordre du jour. Malgré la dispersion des uns et des autres après l’expulsion, nous voulons rester organisés. Nous déclarons que « l’ouvrier doit être respecté », qu’il soit avec papiers ou sans papiers, et que le relogement de tous les résidents du foyer David d’Angers est une affaire essentielle.

L’Association des oubliés et rejetés du Foyer David d’Angers et Les volontaires de l’Assemblée Foyers-Afrique

Etant donné tout le travail en cours, les résultats déjà obtenus et ceux en passe de l’être, il nous incombe de dire qu’un petit groupe de gesticulateurs qui s’est allié au COPAF n’a pour « projet » que la médisance et la division, sans aucun souci sérieux et véritable du devenir des résidents expulsés. On rappellera que le COPAF est une association dûment subventionnée par la Mairie de Paris : elle a des bureaux à l’AFTAM, et elle a joué un rôle actif dans le comité de pilotage ayant établi le décompte truqué des résidents, cause de cette situation intolérable. Le 4/11/2009

Conférence de Presse mardi 6 octobre 2009 à 20h

Lundi 5 octobre 2009

À la veille de l’expulsion annoncée à partir du mercredi 7 octobre 2009 des 116 résidents oubliés et rejetés du relogement par l’Aftam

Notre dernière lettre au maire du 19e arrondissement de Paris expose bien notre situation.

Nous la reproduisons ; il s’agit de notre réponse à son courrier du 24 septembre.

Nos contacts :

M.Boubacar Nanakassé : foyer David d’Angers, téléphone : 06 22 30 12 84

M. Cheichna Sissoko : foyer David d’Angers, téléphone : 06 47 75 33 18

L’Association des rejetés et des oubliés du Foyer David d’Angers

et l’Assemblée des volontaires Foyers-Afrique

Foyer David D’Angers

15, rue David D’Angers

75019 Paris

à

Monsieur Roger Madec

Maire du 19ème arrondissement

Sénateur de Paris

Mairie du 19ème arrondissement

5 place Armand Carrel

75019 PARIS

Paris, le 28 septembre 2009

Monsieur le Maire,

C’est avec une grande déception et une grande indignation que nous avons pris connaissance de votre réponse en date du 24 septembre 2009.

En effet, vous indiquez votre complet accord avec l’expulsion prévue le 7 octobre 2009 de 116 personnes qui vont se retrouver à la rue et sans relogement.

Nous vous avions demandé de prendre position pour que soit accordé un délai supplémentaire permettant de trouver une solution au relogement. Vous vous déclarez absolument contre et mettez en avant un argument particulièrement cruel et blessant à notre endroit.

Vous arguez en effet de l’urgence de reconstruire un nouveau bâtiment pour reloger les résidents déjà relogés dans les foyers de l’Aftam. En clair, vous dites qu’il est urgent de mettre les résidents actuels à la rue pour que ceux qui sont déjà relogés par l’Aftam viennent au plus vite dans la nouvelle résidence sociale de David d’Angers.

Comment comprendre votre position et votre accord avec l’injustice et la violence de ce qui va se passer dans l’expulsion du 7 octobre ?

Vous assumez entièrement le travail mené par l’Aftam et la mairie du 19ème pour procéder au recensement des habitants du foyer David D’Angers. Et ce, bien que vous sachiez parfaitement que ce recensement s’est fait avec comme relais internes, les délégués et le gérant, lesquels entretenaient une comptabilité loin d’être transparente se traduisant d’une part par l’encaissement de loyers en espèces et, d’autre part, par la délivrance de factures antidatées. C’est à cause de ce système et des soins conjugués de vos services et de ceux de l’Aftam que le nombre de personnes exclues et oubliées des relogements est aujourd’hui élevé.

Ajoutons qu’on ne peut qu’être frappé, à vous lire, par votre alignement sur la politique gouvernementale Sarkozy-Hortefeux-Besson, concernant les résidents sans papiers du foyer David d’Angers. Ils habitent au foyer, souvent depuis de longues années. Ils n’existent pas pour vous, ni comme résidents de fait, ni comme ouvriers, ni comme personnes. Ce sont pour vous des invisibles dans le relogement. Une fois sur le trottoir après l’expulsion, entourés de forces de police, que souhaitez-vous qu’il leur arrive ? Sans doute pas d’être relogés, car si c’était le cas vous vous en occuperiez. Ce qui va leur arriver c’est d’être arrêtés par la police, transférés en centre de rétention et expulsés.

Pourquoi ne pas se soucier aussi des résidents sans papiers de David D’Angers ? Parce qu’ils sont sans papiers ? Vous savez que les foyers sont des lieux d’accueil et d’hébergement pour eux et qu’en cautionnant à tout prix la politique de destruction des foyers et la mise en place des résidences sociales, vous menez une offensive sans merci contre les sans papiers, en unisson sur ce point là avec la politique gouvernementale actuelle.

Car enfin qui sont ces personnes sans papiers ? Des ouvriers qui travaillent ici, pour beaucoup depuis longtemps et pour lesquels, le gouvernement – avec la loi Ceseda – empêche toute procédure de régularisation sauf au cas par cas, au compte goutte et de façon discrétionnaire par le préfet. En excluant du relogement les ouvriers sans papiers de David D’Angers, la mairie engage lourdement sa responsabilité.

Nous serions désireux de pouvoir aborder cela de vive voix avec vous, en votre qualité de Maire du 19e, et de sénateur PS de Paris. Nous vous demandons donc un rendez vous avant le 7 octobre où nous viendrions accompagnés de nos avocates. Nous sommes tout disposés à vous remettre les dossiers des résidents malades et aussi de ceux que vous appelez curieusement « les cas limites du recensement de 2007 ».

Si ces dossiers existent, et vous reconnaissez qu’ils existent, n’est-ce pas la preuve que le recensement n’a pas été mené comme il aurait dû l’être et que donc il faut un délai pour reprendre les dossiers et trouver un relogement avant la destruction du foyer ?

Monsieur le Maire, nous voudrions vous soumettre les questions suivantes : que vont devenir les résidents sans logement après le 7 octobre ? Où vont-ils aller ? Ce sont là des questions incontournables.

Le délai, sur lequel la mairie peut donner son avis, est la solution pour éviter la situation dramatique de résidents chassés du foyer et errant à la recherche d’un toit. L’insalubrité – voire la dangerosité du foyer – sont notoires depuis 2004 et cependant n’ont pas entraîné de travaux de la part de l’Aftam. Le foyer est en conséquence bien dégradé, mais se retrouver sans logement sur le trottoir le 7 octobre représente à coup sûr une situation de dangerosité mille fois plus grande pour la vie et la dignité des résidents.

Sur ce point, comme nos avocates l’ont indiqué lors de l’entrevue avec madame Charuel, la mairie peut tout à fait saisir la préfecture de Paris qui, en en cas de décret d’insalubrité, peut demander la fermeture du foyer, à charge pour vous et pour l’Aftam d’en reloger tous les habitants de fait.

Nous vous prions d’agréer, monsieur le Maire, nos salutations distinguées.

L’Association des rejetés et des oubliés du Foyer David d’Angers

et l’Assemblée des volontaires Foyers-Afrique

Conférence de Presse avant expulsion des 116 résidents non relogés et démolition du foyer

Rencontre avec l’association des oubliés et des rejetés du foyer David d’Angers,

Rencontre avec les avocates de l’association,

Rencontre avec les résidents la veille de l’expulsion prévue le 7 octobre.

Que se passe t’il dans un foyer quand on attend pour le petit matin la police ?

Pourquoi cette violence ? Pourquoi la mairie se refuse t’elle à intervenir auprès de l’Aftam et du préfet pour obtenir un délai en faveur des résidents expulsés ? La réponse : pour cacher la vérité ; pour cacher qu’elle se lave les mains du relogement des ouvriers sans papiers du foyer.

Pourquoi cette situation dramatique ? Parce ce que la mairie du 19è, la ville de Paris et l’Aftam, ont travaillé ensemble à mettre ces gens à la rue. Comment ? En donnant leur blanc seing au plan Hortefeux de destruction des foyers d’ouvriers étrangers ; en collaborant avec l’Etat Ceseda aux attaques contre les ouvriers africains et leurs familles ; en disqualifiant leur mode de vie basé sur des valeurs de solidarité et enfin, en déclarant nuls et non avenus les droits et libertés gagnés par les ouvriers étrangers des foyers depuis les grèves Sonacotra des années 70.

La situation à David D’Angers est le produit de cette mauvaise politique.

L’Association des oubliés et rejetés du foyer David D’Angers est la décision de 116 habitants du foyer de résister et de ne pas subir les résultats de cette mauvaise politique.

Elle a engagé de nombreuses initiatives (pétitions, manifestations, journée porte ouverte) et a aussi engagé des procédures en justice pour faire connaître la vérité.

L’Association des oubliés et rejetés s’est constituée à partir du principe : relogement pour tous, avec ou sans papiers.

Venez rencontrer les membres de l’Association mardi 6 octobre 2009 à 20 heures au foyer David D’Angers.