Les 116 résidents du foyer David d’Angers exclus du relogement par l’AFTAM et la Mairie ont été expulsés mardi 27 octobre après une opération de police importante et terrible, dont le quartier a été témoin. Dans ce foyer habitaient une centaine d’ouvriers, souvent là depuis des années, avec ou sans papiers. Nous jugeons injuste et inadmissible qu’aujourd’hui, une semaine après l’expulsion, une quarantaine de résidents soient à la rue, dont beaucoup sont sans papiers. Cette expulsion a eu lieu trois jours avant la trêve hivernale, et va tout à fait contre la décision du Juge de l’exécution des peines d’accorder des délais à trois résidents. La mairie et l’AFTAM ont donc eu recours à la violence pour imposer leur politique de « résidences sociales », logements individuels aux loyers prohibitifs, sélectifs, interdits aux sans papiers, et ne permettant pas d’héberger la famille.
L’Association des oubliés et des rejetés du foyer David d’Angers s’est constituée pour que chacun soit compté dans le relogement. Les Volontaires de l’assemblée Foyers-Afrique sont venus travailler avec l’Association au mot d’ordre de « relogement pour tous ». Grâce au travail fait, l’expulsion du foyer a été retardée de trois mois. Ce délai nous a permis de nous organiser. Ensemble, nous avons fait un recensement précis de chacun des 116 résidents exclus du relogement, nous avons établi les dossiers pour les présenter devant le tribunal et pour obliger l’AFTAM et la mairie à tenir compte de la situation réelle des habitants du foyer. Deux grandes manifestations ont eu lieu dans le quartier, une Journée portes ouvertes au foyer, une pétition recueillant plus de 1200 signatures, des procédures juridiques devant le Tribunal d’instance, devant le Juge d’exécution du Tribunal de grande instance, et devant le Premier président de la Cour d’appel de Paris. Nous avons obtenu des articles dans la presse. Ce qui a rendu cela possible, c’est un immense travail de réunions politiques, de discussions, de dossiers, de textes écrits en commun, réalisés par les résidents du foyer, l’Association, les Volontaires. Nos maîtres mots dans cette bataille politique ont été, et demeurent, « les résidents sont des ouvriers, ils doivent être respectés », « relogement pour tous, avec papiers ou sans papiers », « amitié du quartier avec le foyer ».
Aujourd’hui, la situation est plus que jamais difficile. Mais il faut d’abord dire ce que nous avons déjà obtenu par la bataille politique. Dès le départ, l’association des oubliés et rejetés du foyer a contesté les conditions dans lesquelles le recensement des habitants du foyer mené par l’Aftam en 2007 avait été fait ; recensement qui avait été validé par le comité de pilotage – instance décisionnelle composée entre autres de l’Aftam, de la mairie de Paris et du Copaf – et qui avait abouti au relogement d’un habitant du foyer sur trois et légitimé la mise à la rue d’une centaine d’ouvriers habitant le foyer . Grâce au travail de l’association et des volontaires, l’Aftam et la mairie de Paris ont dû rouvrir la question des relogements et reconnaître que le recensement avait été bâclé.
Des résultats importants ont donc été obtenus, mais la question reste entière pour faire reconnaître le droit des sans papiers à être relogés. Notre volonté de gagner le relogement de tous les habitants du foyer David d’Angers est toujours à l’ordre du jour. Malgré la dispersion des uns et des autres après l’expulsion, nous voulons rester organisés. Nous déclarons que « l’ouvrier doit être respecté », qu’il soit avec papiers ou sans papiers, et que le relogement de tous les résidents du foyer David d’Angers est une affaire essentielle.
L’Association des oubliés et rejetés du Foyer David d’Angers et Les volontaires de l’Assemblée Foyers-Afrique
Etant donné tout le travail en cours, les résultats déjà obtenus et ceux en passe de l’être, il nous incombe de dire qu’un petit groupe de gesticulateurs qui s’est allié au COPAF n’a pour « projet » que la médisance et la division, sans aucun souci sérieux et véritable du devenir des résidents expulsés. On rappellera que le COPAF est une association dûment subventionnée par la Mairie de Paris : elle a des bureaux à l’AFTAM, et elle a joué un rôle actif dans le comité de pilotage ayant établi le décompte truqué des résidents, cause de cette situation intolérable. Le 4/11/2009